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Septembre - Octobre 1918

 

DU FRONT A L’ARRIÈRE : LES PERMISSIONS 

Si les permissions sont aussi essentielles au moral des soldats qu’à celui de leur famille, elles génèrent également des tensions à l’arrière.

Au début d’une guerre qu’on imagine courte, les permissions ne sont pas accordées aux soldats combattants, afin de garder toutes les forces vives disponibles. La guerre de position s’installant, l’absence de permission et l’éloignement sans fin des familles devient intolérable. En juin 1915, le général Joffre accorde aux soldats 8 jours de permission par an, à tour de rôle. Mais les défaillances du système (les permissions ne concernent alors que 3 à 4 % des unités) engendrent un vif sentiment d’injustice.

La réforme d'octobre 1916 accorde alors trois permissions par an de sept jours chacune. Si ce système fonctionne bien jusqu'en février 1917, pendant l'offensive du Chemin des Dames, les taux chutent à 2%, avec parfois une suppression totale des permissions. Cette situation joue un rôle important dans les mutineries de 1917, à la suite desquelles le général Pétain prend plusieurs mesures en faveur des permissions. Il impose notamment à ses chefs d'appliquer le règlement des permissions d'octobre 1916 (jusqu’à la moitié des unités) et impose la publicité des départs en permission. Il fait également publier un guide du permissionnaire, obligatoire pour chaque soldat, expliquant les devoirs des soldats en permission.

Les permissionnaires voyagent dans des conditions très difficiles : les soldats voyagent debout du fait de trains bondés, par ailleurs mal éclairés, mal chauffés, sans toilettes ni suffisamment d’eau potable. Ces trains sont lents et peuvent mettre jusqu’à 6 h pour parcourir 100 km.

Une fois arrivés à destination, quand les célibataires essaient de trouver l’âme sœur, ou régularisent leurs situations amoureuses par un mariage (autant pour respecter les convenances que pour permettre à la veuve potentielle de toucher une pension en cas de mort de son compagnon), les hommes mariés retrouvent épouses et enfants, qui ont parfois du mal à reconnaitre un père si longtemps absent. Le temps de la permission permet une brève illusion d’un retour à la normale, malgré le fossé creusé entre la vie du front et celle de l’arrière. Cela ne doit pas occulter les tensions engendrées par l’afflux d’hommes venus du front : alcoolisme, recours massif à la prostitution, accès de violence... Des œuvres de bienfaisance se créent pour occuper les soldats permissionnaires ou blessés et éviter ces dérives. Les autorités militaires quant à elles se préoccupent des dangers que représentent les soldats en permission, de par les informations sensibles sur le front qu’ils pourraient laisser filtrer.

 

Carnet de Louis Boyer
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Carnet de Louis Boyer, 8 septembre 1918
HD/1Z1/11/38
Journal du soldat Rossignol
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Journal du soldat Rossignol, 25 juillet 1917
1II/593
Journal du soldat Rossignol
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Journal du soldat Rossignol, 12 février 1918
1ii/593

 
 
Lettre d'Antoine Gauthier
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Lettre d'Antoine Gauthier à son épouse Jeanne, Chambéry, 17 mars 1915
267II/1
Avis aux femmes françaises
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Appel aux femmes françaises
sur la conduite à tenir lors du retour des hommes en permission.
Marguerite de Witt-Schlumberger, présidente de l'Union française pour le suffrage des femmes, 1915
5FIP/19 
Avis aux permissionnaires
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Avis aux permissionnaires, blessés en convalescence et militaires de tout ordre,
relatif au secret militaire
2FI/1678

 
 
Album permission
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Permission Août-Septembre 1917
Album photographique d'Antoine Mermet, neveu de Barthélémy Mernet
Collection particulière
Distraire les blessés
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Oeuvre "Distraire les blessés", repos du blessé au Parc de la Tête d'Or
Cette oeuvre, où les Poilus peuvent trouver des livres, de quoi écrire et assister à un concert hebdomadaire, est ouverte aux blessés mais également aux permissionnaires.
4fi11382
Livret du permissionnaire
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Livret du permissionnaire de Jehan Paufique, 1917
283ii/6

 
 
 


 

Pour des raisons de conservation, ces documents ne sont pas tous communicables en salle de lecture