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Novembre - Décembre 1918

 

DU FRONT A L’ARRIÈRE : L'ARMISTICE

Si la France commémore le 11 novembre 1918 comme la fin de la Première Guerre mondiale , cette date ne marque en réalité que l’arrêt des combats sur le front ouest. Ce n’est pas encore la fin de la guerre à l’échelle du monde. Ce n’est pas non plus la démobilisation immédiate des soldats français (près de cinq millions de poilus rentrent entre 1918 et début 1921). L’armistice du 11 novembre 1918, signé à Rethondes, ouvre une période de règlement de la paix sur fond de recomposition des frontières en Europe et dans le reste du monde, suite à des traités successifs, s’échelonnant sur plusieurs années : Versailles (28 juin 1919), Sèvres (10 août 1920), Lausanne (24 juillet 1923).

La signature de l’armistice est vécue très différemment entre l’arrière et le front. Les soldats reçoivent d’abord la nouvelle avec un étonnement et une stupeur qui se transforment en joie retenue, chargée de la mémoire de leurs camarades morts. Les poilus sont souvent choqués par les réjouissances excessives d’un arrière qui, selon eux, n’a pas œuvré à la victoire militaire.

En effet, à Lyon, comme l’illustre le récit de Barthélémy Mermet, ce 11 novembre 1918 est célébré comme un jour de victoire « complète et définitive ». La liesse populaire s’empare des rues et les fenêtres se pavoisent de drapeaux tricolores, les festivités perdurent de nombreux jours. Cet enthousiasme révèle l’extrême anxiété vécue à l’arrière pendant ces longues années de guerre. Le moment reste cependant ambivalent, entre le soulagement et l’allégresse de la fin des combats et la tristesse des deuils qui touchent un très grand nombre familles.

La fracture d’incompréhension entre front et arrière se poursuit entre anciens combattants et non-combattants, malgré les fêtes du retour qui mettent en scène la réintégration symbolique des soldats dans la collectivité. Les enjeux du retour des soldats sont importants : la reconstitution territoriale, sociale, économique (soutenue par un nouvel emprunt national, celui de la paix en 1920), mais aussi la reconstruction de la communauté nationale avec la réintégration des combattants dans la vie civile et familiale.

Ce 11 novembre 1918, la paix reste à construire.

 

Carnet de Louis Boyer

Carnet de Louis Boyer, 11 novembre 1918
HD/1Z/1/12/024
Carnet de Barthélémy Mermet
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Transcription

Carnet de Barthélémy Mermet, 11 novembre 1918
253/II/252
Carnet de Barthélémy Mermet
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Transcription

Carnet de Barthélémy Mermet, 12 novembre 1918
253/II/253

 
4e emprunt de défense nationale
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4e emprunt de défense nationale, 1918
Affiche de Firmin Bouisset
6FI/5718
Emprunt de la paix
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Emprunt de la paix, 1920
Affiche
1FI/5005

Emprunt de la paix
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Emprunt de la paix, 1920
Affiche d'Henri Lebasque
2FI/1536

 
 
 
 


 

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